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ce texte de Léon Dierx (1838-1912) résume le souffle que j’essaie d’insufler à mes peintures.

L’invisible lien,partout dans la nature,va des sens à l’esprit et des àmes aux corps.Le coeur universel veut de la créature,le soupir des vaincus ou l’insulte des forts.

L’invisible lien va des ètres aux choses,unissant à jamais ces ennemis mortels,qui dans l’anxiété de leurs métamorphoses,s’observent de regards craintifs ou solennels.L’invisible lien,dans les ténèbres denses,dans le scintillement lumineux des couleurs,éveille les rapports et les correspondances de l’espoir aux regret et du sourire aux pleurs.L’invisible lien,des racines aux sèves et des sèves aux sons,monte et fait sourdre en nous les sources de nos rèves,parfois plein de sanglots et parfois de chansons.

L’invisible lien,de la terre aux étoiles,porte le bruit des bois,des champs et de la mer,léger comme les coeurs purs de honte et sans voile,profond comme les coeurs plein des feux de l’enfer.L’invisible lien,de la mort à la vie,fait refluer sans cesse,avec le long passé,la séculaire angoisse en notre àme assouvie et l’Amour du néant malgré tout repoussé.

..Au bord du quai,et qu’importe d’ou sont venus ceux qui s’en vont;s’ils entendent toujours un cri profond au carrefour des doutes!Mon corps est lourd,mon corps est las,je veux rester,je ne peux pas,l’àpre univers est un tissu de routes tramé de vent et de lumière,mieux vaut partir sans aboutir,que de s’asseoir,mème vainqueur,le soir,devant son oeuvre coutumière,avec en son coeur morne,une vie qui cesse de bondir au-delà de la vie.

L’àpre univers est un tissu de routes tramé de vent et de lumière au bord du quai.